Trépied ou pas trépied ?

par | Fév 8, 2024 | techniques photographiques | 2 commentaires

Mes « astuces » de photographe de paysages-1

Préambule 

L’objectif de cette série d’articles n’est pas de vous former à la photographie- Pour cela il existe de très bons photographes formateurs. Je vous en cite un d’ailleurs en référence en bas de l’article, qui m’a beaucoup appris.

Mais c’est de partager avec vous certains trucs ou astuces que j’utilise dans mon domaine de prédilection : la photographie de paysage.

Introduction

Du temps de l’argentique, qui disait photographie de paysage disait utilisation d’un trépied. Les petites ouvertures et les films de faible sensibilité (100 Iso ou moins) utilisés pour avoir une belle profondeur de champ et pas de grain, conduisaient à choisir des vitesses lentes si la lumière était faible. Le trépied devenait vite indispensable pour éviter le flou de bouger.

Mais les boîtiers numériques modernes ont une grande capacité à monter dans les ISO, sans générer beaucoup de bruit numérique. De plus ils ont un système de stabilisation intégrée, quand celui-ci n’est pas déjà dans l’objectif. On peut donc utiliser des vitesses bien supérieures, à condition de lumière égale, que dans le passé. Par ailleurs on peut aussi considérablement réduire le bruit (grain) en post traitement.

Donc en ce qui me concerne, je le prends, tout le temps quand je pars en sortie photo. Mais ne l’utilise pas toujours !

Conditions où je l’utilise

J’aime le côté posé que le trépied procure pour composer son image. Cela aide à l’observation, à la contemplation des lieux et à la prise de recul. Et il est très utile quand :

  • La composition est un peu « sioux », par exemple où les lignes verticales et horizontales doivent être bien parallèles aux bords de l’image. Ou s’il faut faire très attention pour intégrer ou exclure des éléments.
  • Je passe en pose longue pour créer un effet vaporeux sur un plan d’eau ou montrer le mouvement de l’eau dans une rivière.
  • La lumière ou certains éléments de la scène vont évoluer lentement. Et je veux multiplier les prises sans changer la composition pour garder à la fin l’image qui rendra le mieux. C’est le cas de la photographie en en-tête de cet article.
  • Je crée un panoramique destiné à de très grands formats (100cm de largeur ou plus)
  • Je fais du HDR (high dynamique range) pour contrer de trop grands écarts de luminosité dans la scène : On prend plusieurs fois la même photo mais avec des réglages d’exposition différents (entre -3 et +3, voire -5 et 5, IL) et on fusionne en post traitement.

Petite remarque ; lorsqu’on shoote sur trépied, il est conseillé de désactiver les systèmes de stabilisation (boîtier et /ou objectif). Mais pour être franc, je l’oublie souvent et n’ai pas constaté de perte de netteté.

Exemple d’une prise de vue sur trépied : Au lever du soleil, ISO 100, f11, 1/5 sec -70mm-panoramique de 5 images

Conditions où je ne l’utilise pas

Mais installer un trépied et cadrer avec, prend beaucoup de temps. Et pour le trépied en photographie de paysage une condition sine qua none est que la lumière soit stable pendant quelques minutes ou évolue « lentement ».  Ce qui sous-entend déjà une météo stable !

Dès qu’il faut saisir la brève éclaircie d’une matinée de pluie, ou le rayon de soleil qui tombe pile sur le sujet principal, alors là adieu le trépied. Et il faut bien le dire, dans les Hauts de France, on est très souvent en train de jongler avec des lumières fugaces, qui jouent à cache-cache avec les nuages.

Et je me suis vite rendu compte qu’il est souvent illusoire d’espérer que la lumière revienne exactement comme elle l’était quelques minutes avant.

Ainsi, souvent le trépied reste accroché au sac photo, pendant que je shoote à main levée….

D’où la nécessité de savoir régler vite son appareil en fonction du rendu souhaité (dont entre autres, la mesure d’exposition). Et de faire confiance en sa capacité à cadrer juste du premier regard ou presque. Tout cela s’acquiert par la pratique régulière et l’entrainement, afin d’acquérir ces fameux automatismes.

Mais pour le HDR ?  Me direz vous. Eh bien, on peut y arriver sans trépied. En prenant quelques précautions que je vous partage.

HDR à main levée
  • Tout d’abord je règle mon appareil en mode rafale (avec 3 ou 5 images selon le nombre d’expositions différentes que je prévois de faire en bracketing. Mais le plus souvent 3 suffisent).
  • Je vérifie aussi que les systèmes de stabilisation (boîtier et/ou objectif) sont bien activés
  • Je choisis une vitesse d’exposition, par sécurité, au moins égale à l’inverse de la focale (par ex 1/60 sec pour un 50 mm).
  • Comme sur trépied, Je sélectionne la fonction bracketing. En programmant 3 prises de vue, le plus souvent et un écart d’exposition entre 2 vues de IL. Cela convient très bien, par rapport à la plage dynamique de mon capteur).
  • Puis je me cale bien, cadre en tenant mes bras serrés contre le buste pour éviter de bouger entre 2 prises.

Exemple d’une prise de vue à main levée ; cet après-midi le ciel était en train de se couvrir, Mais les nuages soudain se sont mis à réfléchir la lumière sur les arbres bordant cet étang. Il fallait faire vite. Ça n’a pas duré très longtemps. ISO 100- 70m- f9-1/100sec

En conclusion

Pas de règle absolue. L’utilisation du trépied va dépendre des conditions de lumières, de la vitesse d’exposition et du temps dont je dispose pour capter l’instant et cette fameuse lumière.

Mais, compte tenu des avantages procurés par le trépied en photographie de paysages, ne pas l’utiliser doit répondre à une vraie raison “photographique”. La facilité ou la « flemme », qui conduisent parfois à ne pas le sortir, sont rarement de bonnes conseillères…

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2 Commentaires

  1. Lefevre Yves

    Très bonne analyse que je partage entièrement.
    Yves

    Réponse

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