Ah le plaisir de tenir entre ses mains un beau tirage photo, surtout s’il est de bonnes dimensions, format A3 (42*29,7 cm) ou plus, sur un papier Fine Art… A chaque fois que j’en reçois un de mon prestataire d‘impression, je ressens la même sensation.
De nos jours on regarde principalement les photographies sur écran. Mais si on gagne en vitesse et en argent, on y perd beaucoup en satisfaction, que ce soit en termes de plaisir, de compréhension de l’œuvre, ou de fierté.
Beaucoup de photographes vantent les mérites d’imprimer ses images, pour mieux les analyser, voire les améliorer ensuite ou les écarter. Mais j’ai envie, dans cet article de vous expliquer les raisons pour lesquelles j’éprouve, en tant que visiteur/client du plaisir à voir ou tenir entre mes doigts un beau tirage.
Pour les plaisirs visuel, tactile et celui de reprendre la maitrise de mon temps, que cela procure
Plaisir visuel d’un beau tirage
1- Grâce à la taille
Un smartphone a un écran qui peut aller jusqu’ à 6-7 pouces soit au mieux 17 cm de diagonale, une tablette jusqu’ à 11 pouces (25 cm de diamètre). Les écrans d’ordinateur de bureau de 21 pouces font 53 cm de diagonale, l’équivalent d’une feuille A3. Un tirage 60*40 aura lui 72 cm de diagonale. Sur ces derniers l’œuvre va donc mieux rendre et on pourra plus facilement observer ses détails. C’est comme regarder un film au cinéma sur grand écran, par rapport à le voir sur sa télévision.
2- Par immersion dans l’œuvre
Outre la différence due à la taille de l’œuvre, sur un tirage, on peut aussi admirer celle-ci de très près, à quelques cm seulement de ses yeux, sans se les abimer. Et on peut aussi reculer pour avoir une meilleure vision d’ensemble.
Cet aller -retour entre vision d’ensemble et vision très proche va permettre une meilleure immersion dans l’œuvre. Et une meilleure compréhension de ce que le photographe a voulu transmettre. En particulier si c’est une émotion, ou une signification, indicible, qu’on ne percevra peut-être pas en scrollant trop vite l’image sur un écran.
3- Grâce au rendu
Ça rend encore mieux que sur écran ! C’est le genre de commentaires que j’ai parfois d’organisateurs d’expositions ou de clients devant mes tirages.
Plusieurs raisons à cela :
Tout d’abord, tous les écrans ne sont pas calibrés, loin de là. Et donc la luminosité et même le rendu colorimétrique vont être très impactés par ceux-ci, voire différents de celui voulu par le photographe. Rien qu’à voir la différence que j’ai sur mon smartphone par rapport à mon écran calibré d’ordinateur…….
Ensuite, pour les tirages, le photographe va choisir avec soin son papier en fonction du thème de ses images et du rendu souhaité. Certaines photos rendent mieux sur papier mat, d’autres sur papier satiné, voire brillant. Il m’est aussi arrivé d’admirer lors d’expos de très beaux Noirs et Blancs tirés sur plaque d’aluminium brossé. Et pour les tirages d’Art dit Fine Art, on peut même sélectionner le papier en fonction de sa texture. Personnellement, si je veux rendre un effet doux ou un peu pastel à mes paysages, je vais prendre le papier mat Hahnemühle ultra lisse. Si je veux mettre en exergue des clairs obscurs, couleurs ou noirs et blancs, je choisirai plutôt un Canson type baryta satiné. Et encore un autre papier mat pour insister sur la texture des arbres…
C’est par le choix du papier que je vais finaliser mon intention photographique et c’est lui va porter l’émotion que je cherche à transmettre à mon public.
Plaisir tactile d’un beau tirage
Tant qu’on ne l’a pas vécu, on ignore ce plaisir sensuel de tenir entre ses doigts un beau papier Fine Art. Au toucher, on peut sentir, d’abord le grammage puis la texture.
Les papiers Fine Art sont très souvent épais, en général au-delà de 250 g/m² (à titre de comparaison une feuille d’imprimante à un grammage de 64g /m² soit 4 fois moins). Cela leur confère ainsi une grande rigidité, donnant la sensation d’avoir de la matière entre les mains. Et cela se traduira aussi par une meilleure planéité à l’encadrement.
Certains papiers ont une texture très lisse, douce au contact des doigts, d’autres sont plus « texturés ». On peut sentir leur grain ou leur relief, comme par exemple avec le papier « William Turner » d’Hahnemühle.
Quant au support Dibond® (sandwich d’aluminium/ polyéthlène/ aluminium ), l’impression UV directe va apporter un relief là où il y a beaucoup de couleurs denses.
Ce plaisir du toucher est indépendamment de l’image elle-même, mais tout en renforçant le plaisir visuel qu’elle procure.
Plaisir de prendre son temps devant un beau tirage photo
On scrolle tous à toute allure les images que l’on voit sur écran. Même étant photographe je le fais, peut être un peu moins vite, mais j’avoue le faire. Quand on a un grand tirage entre ses mains ou devant ses yeux, on prend son temps de le regarder sous toutes “ses coutures”, et ce sans aucune fatigue visuelle. Ce qui est loin d’être négligeable. On peut en examiner les détails, ou l’amplitude des variations de gris ou des tonalités. Bref, on reprend le temps de l’observation.
Et cela provoque, en nous, un moment d’apaisement intérieur et de régénération de l’esprit. Une échappatoire au stress de la vie quotidienne.
Fierté de posséder une œuvre d ‘Art

Une fois signé, ce tirage devient une œuvre d’art. D’autant plus s ‘il est édité en série limitée et numéroté. Œuvre d’art que vous serez fier de montrer et qui souvent vous aura coûté beaucoup moins qu’un tableau.
Si le photographe ne l’a pas déjà fait, on peut le mettre en valeur avec un montage sous passe-partout, qui va lui donner de la profondeur et un joli cadre. Certains souhaitent le protéger avec un verre, avant de l’accrocher au mur. Personnellement je ne préfère pas, pour éviter les reflets et mieux admirer le papier choisi. Mais si vous y tenez vraiment, je vous conseille d’utiliser un verre anti-reflet. Attention à bien le choisir : il ne doit être que sur une seule face. Quitte à se fournir chez un miroitier plutôt que chez les grandes surfaces de bricolage. Dans mon article, »verre ou pas verre » je décris les avantages et inconvénients des 2 options.
( Si besoin, je peux vous donner les coordonnées du miroitier que j’utilise, pour les verres anti-reflet. Il suffit de me faire la demande via ce lien : Contact – Bruno Patrel Photographies (brunopatrel-photographies.com)).
Conclusion
En fait, le tirage est la vraie fin du processus de création photographique. Il est presque aussi important que la phase de développement, pour qu’une image puisse exprimer son plein potentiel. Et grâce à lui l’image devient matérielle et physique.
J’espère que cet article vous aura donné envie de voir ou d’acquérir un beau tirage d’une photographie. Quelle soit la vôtre ou celle d’un autre photographe. Vous pouvez déjà essayer avec un tirage sur papier photo classique, meilleur marché que les tirages Fine Art. Ainsi, vous aurez déjà le plaisir visuel lié à la taille de l’image et la proximité pour l’admirer, en prenant votre temps. Ce sera un premier pas.
Et si vous avez ressenti d’autres satisfactions avec un beau tirage photographique, n’hésitez pas à les partager en commentaire. cela m’intéresse beaucoup et je vous en serai fort gré.

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